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Annonce légale d’augmentation de capital par compensation de créances : procédure et publication

L’augmentation de capital par compensation de créances permet à une société d’augmenter son capital sans nouvel apport d’argent, en utilisant une créance qu’un associé ou un tiers détient sur elle, le plus souvent un compte courant d’associé. La créance doit être certaine, liquide et exigible. L’opération suppose une décision de l’organe compétent, la justification de la créance (arrêté de compte et, dans les sociétés par actions, certificat d’un notaire ou d’un commissaire aux comptes), la mise à jour des statuts, la publication d’une annonce légale d’augmentation de capital puis une formalité de modification auprès du guichet unique.

Jean-François Lemercier, fondateur de LeLegaliste.fr

Rédigé par Jean-François Lemercier

Expert vérifié 18 ans d’expérience

Fondateur de LeLegaliste.fr
Vice-président — 100 000 Entrepreneurs
Enseignant — Sciences Po

Entrepreneur engagé et spécialiste de la création d’entreprise, Jean-François Lemercier a fondé LeLegaliste.fr en 2013 avec pour mission de simplifier les formalités liées aux annonces légales. Fort de plus de 18 années d’enseignement à Sciences Po et de son engagement au sein de 100 000 Entrepreneurs, ses analyses et retours d’expérience nourrissent l’ensemble des guides publiés sur Lelegaliste.fr.


À retenir
  • La compensation de créances est juridiquement un apport en numéraire : aucun fonds n’est versé, la dette de la société envers le souscripteur s’éteint à hauteur de la souscription.
  • La créance doit être certaine, liquide et exigible au jour de la souscription.
  • Dans les SA, SAS et SASU, la libération par compensation est constatée par un certificat d’un notaire ou d’un commissaire aux comptes, établi au vu d’un arrêté de compte.
  • Le capital existant doit être intégralement libéré avant toute nouvelle émission de titres à libérer en numéraire.
  • Publiée seule, l’annonce légale de modification du capital relève d’un tarif forfaitaire fixé par arrêté.

Qu’est-ce qu’une augmentation de capital par compensation de créances ?

Une augmentation de capital par compensation de créances consiste à émettre de nouvelles actions ou parts sociales au profit d’une personne qui détient une créance sur la société, et à libérer ces titres en « compensant » le prix de souscription avec cette créance. La société ne reçoit pas d’argent frais, mais sa dette diminue d’autant et ses capitaux propres augmentent.

Pour les sociétés par actions, l’article L. 225-128 du Code de commerce prévoit expressément que les titres de capital nouveaux peuvent être libérés par apport en numéraire, y compris par compensation avec des créances liquides et exigibles sur la société. La compensation est donc rattachée à l’apport en numéraire, et non à l’apport en nature.

Cette opération est souvent utilisée pour consolider le bilan d’une société dont les associés ont avancé des fonds en compte courant, pour reconstituer des capitaux propres devenus inférieurs à la moitié du capital, ou pour rassurer une banque ou un partenaire en transformant une dette en fonds propres.

À ne pas confondre : la compensation de créances n’est pas une incorporation de réserves. La compensation transforme une dette de la société en capital et fait souvent évoluer la répartition du capital entre associés ; l’incorporation de réserves transfère au capital des sommes déjà inscrites dans les capitaux propres, sans nouveau souscripteur.

Pour comparer les deux mécanismes, consultez notre guide sur l’augmentation de capital par incorporation de réserves.

Comment fonctionne la compensation de créances ?

Le mécanisme repose sur deux dettes réciproques qui s’éteignent l’une par l’autre : la société doit une somme à son créancier, et ce créancier, en souscrivant à l’augmentation de capital, doit à la société le prix de ses nouveaux titres.

Étape Ce qui se passe
Créance sur la société Le créancier dispose d’une somme que la société doit lui rembourser (compte courant, prêt, facture impayée…).
Souscription Le créancier signe un bulletin de souscription portant sur les nouveaux titres.
Compensation Le prix de souscription et la créance s’éteignent réciproquement, à due concurrence.
Constatation La libération est justifiée par un arrêté de compte et, dans les sociétés par actions, par un certificat du notaire ou du commissaire aux comptes.
Résultat Le capital augmente du montant nominal des titres émis ; une éventuelle prime d’émission est inscrite en capitaux propres.
Bon à savoir : lorsque la valeur réelle des titres dépasse leur valeur nominale, la société fixe généralement une prime d’émission. Elle protège les associés qui ne souscrivent pas contre une dilution injustifiée. Seul le montant nominal augmente le capital social et figure dans l’annonce légale ; la prime est imputée sur la créance au même titre que le nominal.

Quelles conditions doit remplir la créance ?

Pour être compensée avec le prix de souscription, la créance doit réunir trois caractères :

  • certaine : son existence n’est pas contestée ;
  • liquide : son montant est déterminé, chiffré et non discuté ;
  • exigible : elle est échue, le créancier peut en réclamer le paiement immédiatement.
Bon à savoir : une créance non encore échue, par exemple un compte courant assorti d’une clause de blocage ou un prêt à terme, peut devenir exigible si la société renonce au terme stipulé en sa faveur. Cette renonciation doit être décidée et documentée avant la souscription.
Attention : une créance litigieuse, conditionnelle ou dont le montant reste à arbitrer ne peut pas servir à libérer des titres. Si la libération par compensation est irrégulière, les titres sont réputés non libérés, ce qui fragilise toute l’opération.

Le capital existant doit par ailleurs être intégralement libéré avant toute émission de nouveaux titres à libérer en numéraire, sous peine de nullité de l’opération (article L. 225-131 pour les sociétés par actions, article L. 223-7 pour les SARL).

Un compte courant d’associé peut-il être converti en capital ?

Oui, c’est même le cas le plus fréquent. Les sommes laissées ou avancées par un associé en compte courant constituent une dette de la société envers lui. En souscrivant à l’augmentation de capital, l’associé transforme tout ou partie de cette créance remboursable en titres de capital.

La différence est importante pour l’associé : tant qu’elle reste en compte courant, la somme peut en principe lui être remboursée et peut être rémunérée par des intérêts. Une fois incorporée au capital, elle ne peut plus être récupérée qu’à travers la cession de ses titres, une réduction de capital ou le partage en fin de liquidation, mais elle lui confère des droits de vote et des droits aux dividendes.

Exemple : une associée dispose d’un compte courant créditeur de 20 000 €. La société décide une augmentation de capital de 20 000 € et l’associée souscrit la totalité des nouveaux titres. Si sa créance est certaine, liquide et exigible, elle libère intégralement sa souscription par compensation, et son compte courant est ramené à zéro.
Attention : vérifiez que le solde du compte courant retenu correspond exactement aux écritures comptables à la date de l’opération (intérêts courus, remboursements partiels, prélèvements). C’est ce solde qui figurera dans l’arrêté de compte.

Un créancier extérieur peut-il devenir associé ?

Oui. Un fournisseur, un prêteur ou un investisseur titulaire d’une créance sur la société peut souscrire à l’augmentation de capital et libérer ses titres par compensation. L’opération permet alors de désendetter la société en faisant entrer un nouvel associé.

Deux points doivent cependant être anticipés : le respect des clauses d’agrément prévues par la loi ou les statuts pour l’entrée d’un nouvel associé, et le traitement du droit préférentiel de souscription des associés existants (voir la section suivante).

Quelles règles selon la forme de la société ?

La compensation de créances est possible dans les sociétés de capitaux, mais le cadre applicable diffère selon la forme sociale.

Forme sociale Règles principales
SA Articles L. 225-127 et suivants du Code de commerce ; certificat du notaire ou du commissaire aux comptes obligatoire (article L. 225-146).
SAS et SASU Les règles de la SA s’appliquent par renvoi de l’article L. 227-1, dont le certificat de l’article L. 225-146. Une SAS sans commissaire aux comptes doit s’adresser à un notaire ou faire désigner un commissaire aux comptes pour cette mission.
SARL et EURL Article L. 223-32 : les parts nouvelles en numéraire doivent être libérées d’au moins un quart à la souscription. Le certificat de l’article L. 225-146, propre aux sociétés par actions, n’est pas exigé par les textes ; un arrêté de compte signé du gérant, idéalement validé par l’expert-comptable, sert de justificatif.
Sociétés civiles Aucune disposition spécifique : l’opération suit les statuts et le droit commun de la compensation. Une annonce légale reste nécessaire, la modification du capital étant une mention publiée.
Conseil : avant de rédiger l’annonce, rassemblez la forme sociale, le montant de l’augmentation, le nombre et la valeur nominale des titres émis, l’identité des souscripteurs et le montant exact de la créance compensée.

Qui décide l’augmentation de capital ?

L’augmentation de capital modifie les statuts : elle relève donc de la collectivité des associés, statuant dans les conditions prévues pour les modifications statutaires.

Société Organe et majorité
SA Assemblée générale extraordinaire : quorum d’un quart des actions sur première convocation et d’un cinquième sur deuxième convocation, majorité des deux tiers des voix exprimées. L’assemblée peut déléguer sa compétence ou ses pouvoirs au conseil d’administration ou au directoire.
SAS Décision collective obligatoire (article L. 227-9), dans les conditions de quorum et de majorité fixées par les statuts.
SARL Associés représentant au moins les deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés, avec un quorum d’un quart puis d’un cinquième des parts. Pour les SARL constituées avant le 4 août 2005 n’ayant pas opté pour ce régime, majorité des trois quarts des parts sociales.
SASU et EURL Décision de l’associé unique, consignée dans le registre des décisions.
Attention au droit préférentiel de souscription : dans les sociétés par actions, les associés existants bénéficient d’un droit préférentiel de souscription aux nouvelles actions en numéraire. Lorsque l’augmentation est réservée au seul créancier, ce droit doit être supprimé par l’assemblée au profit d’une personne nommément désignée, sur rapport du commissaire aux comptes, ou faire l’objet d’une renonciation individuelle de chaque associé. La renonciation individuelle évite souvent la désignation d’un commissaire aux comptes dans une petite SAS.

Pour les règles de convocation et de vote, consultez notre guide sur l’assemblée générale et les décisions des associés.

Comment justifier la créance compensée ?

Puisqu’aucun fonds n’est déposé en banque, il n’existe pas de certificat du dépositaire. La réalité de la créance et de la compensation doit donc être prouvée autrement.

1

Établir l’arrêté de compte

Le dirigeant (conseil d’administration, directoire, président ou gérant) arrête le montant de la créance à la date de l’opération. Dans les sociétés par actions, l’article R. 225-134 prévoit que cet arrêté de compte est certifié exact par le commissaire aux comptes.

2

Obtenir le certificat (SA, SAS, SASU)

La libération par compensation est constatée par un certificat du notaire ou du commissaire aux comptes de la société, ou, à défaut de commissaire aux comptes, d’un commissaire aux comptes désigné à cet effet. Ce certificat tient lieu de certificat du dépositaire (article L. 225-146, alinéa 2).

Bon à savoir : dans les sociétés par actions, c’est la date du certificat qui marque la réalisation définitive de l’augmentation de capital. C’est cette date qu’il faut retenir pour la rédaction de l’annonce légale et la mise à jour des statuts.
Attention : sans certificat régulier, la libération par compensation peut être écartée et les actions réputées non libérées. Anticipez le rendez-vous avec le notaire ou le commissaire aux comptes dans le calendrier de l’opération.

Faut-il modifier les statuts ?

Oui. Les articles relatifs au capital social et, selon la rédaction des statuts, aux apports et à la répartition des titres doivent être mis à jour pour refléter le nouveau montant du capital et le nombre de titres qui le composent.

Avant l’opération Après l’opération
Capital social initial Nouveau capital social
Nombre de titres existants Nombre de titres après émission
Article « Apports » d’origine Article complété de la mention de l’augmentation par compensation
Créance inscrite au passif Créance éteinte à hauteur de la souscription

Les statuts mis à jour sont certifiés conformes par le représentant légal et joints au dossier de modification.

Faut-il publier une annonce légale d’augmentation de capital ?

Oui. Le montant du capital fait partie des mentions publiées lors de la constitution de la société. Toute modification de ces mentions doit faire l’objet d’un avis publié dans un support habilité à recevoir des annonces légales du département du siège social (article R. 210-9 du Code de commerce).

L’attestation de parution est ensuite exigée dans le dossier de modification. C’est l’inscription de la modification au registre du commerce et des sociétés qui la rend opposable aux tiers ; le greffe se charge ensuite de l’insertion au BODACC.

Pour préparer votre avis en ligne, rendez-vous sur notre page dédiée à l’annonce légale d’augmentation de capital.

Attention : l’annonce légale ne remplace pas la formalité de modification. La publication dans un journal d’annonces légales et le dépôt du dossier auprès du guichet unique sont deux étapes distinctes et successives.

Que doit contenir l’annonce légale ?

L’avis doit permettre d’identifier la société et de comprendre la modification de son capital. Reprenez strictement les informations du procès-verbal, du certificat et des statuts mis à jour.

Dénomination sociale
Nom officiel de la société, suivi le cas échéant de son sigle.
Forme juridique et capital
SA, SAS, SARL… au capital de (nouveau montant).
Siège social
Adresse complète du siège.
Immatriculation
Numéro SIREN suivi de la mention RCS et de la ville du greffe.
Acte et date
Décision ayant décidé l’augmentation et, le cas échéant, certificat constatant sa réalisation.
Ancien et nouveau capital
Montant du capital avant et après l’opération.
Modalité de libération
Libération par compensation avec des créances liquides et exigibles sur la société.
Articles modifiés
Références des articles des statuts modifiés en conséquence.
Modèle d’annonce (exemple fictif) :
JARDINS DU RHÔNE
Société par actions simplifiée au capital de 30 000 €
Siège social : 12 rue des Tilleuls, 69003 Lyon
000 000 000 RCS Lyon
Aux termes des décisions collectives des associés du 15 septembre 2026 et du certificat établi par Maître Dupont, notaire, le 22 septembre 2026, le capital social a été augmenté de 20 000 € par émission de 2 000 actions nouvelles libérées par compensation avec une créance liquide et exigible sur la société, pour être porté de 10 000 € à 30 000 €. Les articles 6 et 7 des statuts ont été modifiés en conséquence.
Pour avis, le Président.

Quelles formalités après la décision ?

Une fois la créance vérifiée, l’opération suit un enchaînement précis. L’ordre compte : l’annonce légale ne peut relater qu’une augmentation effectivement décidée et, dans les sociétés par actions, constatée par le certificat.

1

Décider l’augmentation de capital

L’organe compétent adopte la décision : montant, nombre et valeur nominale des titres, prime d’émission éventuelle, bénéficiaire, sort du droit préférentiel de souscription et libération par compensation.

2

Recueillir la souscription

Le créancier signe son bulletin de souscription en indiquant qu’il libère ses titres par compensation avec sa créance.

3

Constater la compensation

Le dirigeant établit l’arrêté de compte ; dans les SA, SAS et SASU, le notaire ou le commissaire aux comptes délivre le certificat de l’article L. 225-146.

4

Mettre à jour les statuts

Les articles relatifs au capital et aux apports sont modifiés et certifiés conformes par le représentant légal.

5

Publier l’annonce légale

L’avis de modification est publié dans un journal d’annonces légales du département du siège, qui délivre une attestation de parution.

6

Déposer le dossier au guichet unique

Le dossier est transmis sur le guichet des formalités des entreprises avec la décision, l’acte constatant la réalisation de l’augmentation (dont le certificat pour les sociétés par actions), les statuts à jour, l’attestation de parution et, le cas échéant, un pouvoir.

7

Enregistrer l’acte

L’acte constatant l’augmentation de capital est présenté au service des impôts dans le mois. Depuis la loi de finances pour 2019, l’enregistrement d’un apport en numéraire, y compris par compensation, est gratuit.

Une incohérence entre le procès-verbal, le certificat, les statuts, l’annonce et la déclaration entraîne une demande de régularisation. Pour limiter ce risque, consultez notre guide pour éviter le rejet d’une annonce légale au greffe.

Combien coûte une augmentation de capital par compensation de créances ?

Le prix de l’annonce légale est fixé chaque année par arrêté ministériel. Pour 2026, l’annonce de modification du capital social publiée seule relève d’un forfait de 136 € HT, hors La Réunion et Mayotte, quel que soit le journal habilité choisi.

Poste de dépense Montant 2026
Annonce légale de modification du capital (publiée seule) 136 € HT (forfait)
Formalité de modification (greffe, INPI, BODACC) 172,61 € TTC, plus 13,16 € de dépôt d’actes
Enregistrement de l’acte Gratuit
Certificat du notaire ou du commissaire aux comptes Honoraires libres, sur devis
Attention : si l’annonce regroupe plusieurs modifications (augmentation de capital et transfert de siège, par exemple), le forfait ne s’applique plus : l’annonce est facturée au nombre de caractères, selon le tarif du département de publication.

Pour connaître le détail des forfaits et des tarifs au caractère, consultez la page des tarifs des annonces légales.

Exemple d’augmentation de capital par compensation de créances

Une SAS a un capital de 10 000 €, divisé en 1 000 actions de 10 € entièrement libérées. Sa présidente et associée détient un compte courant créditeur de 30 000 €, exigible.

Les associés décident collectivement d’augmenter le capital de 20 000 € par émission de 2 000 actions nouvelles de 10 € réservées à la présidente. Les autres associés renoncent individuellement à leur droit préférentiel de souscription. La présidente souscrit les 2 000 actions et les libère par compensation avec une partie de son compte courant. Un notaire, au vu de l’arrêté de compte, délivre le certificat constatant la libération.

Élément Avant Après
Capital social 10 000 € 30 000 €
Nombre d’actions 1 000 3 000
Compte courant de la présidente 30 000 € 10 000 €
Trésorerie de la société Inchangée Inchangée

La société renforce ses capitaux propres de 20 000 € sans mouvement bancaire : sa dette envers la présidente diminue du même montant.

Attention : cet exemple est simplifié. Si la valeur réelle des actions est supérieure à 10 €, une prime d’émission doit être envisagée : pour une même souscription de 20 000 €, la présidente recevrait alors moins d’actions, et le capital augmenterait moins que la dette ne diminue.

Quelles erreurs éviter lors d’une augmentation de capital par compensation de créances ?

  • utiliser une créance non échue, contestée ou dont le montant n’est pas arrêté ;
  • lancer l’opération alors que le capital existant n’est pas intégralement libéré ;
  • oublier le certificat du notaire ou du commissaire aux comptes dans une SA, une SAS ou une SASU ;
  • négliger le droit préférentiel de souscription des autres associés ;
  • ignorer une clause d’agrément lorsque le souscripteur est un tiers ;
  • publier l’annonce avant que l’augmentation soit réalisée, ou avec un ancien ou un nouveau capital erroné ;
  • regrouper plusieurs modifications dans une annonce sans anticiper la tarification au caractère ;
  • laisser des incohérences entre le procès-verbal, le certificat, les statuts, l’annonce et la déclaration.

Checklist : les formalités à prévoir

Avant de finaliser votre augmentation de capital par compensation de créances, vérifiez les points suivants :

Créance vérifiée
Titulaire, montant, caractère certain, liquide et exigible.
Capital existant libéré
Aucune fraction du capital actuel ne reste à appeler.
Décision adoptée
Organe compétent, majorité et droit préférentiel de souscription traités.
Souscription et justificatifs
Bulletin signé, arrêté de compte et, selon la forme, certificat obtenu.
Statuts mis à jour
Articles capital et apports modifiés, copie certifiée conforme.
Annonce publiée
Mentions contrôlées, attestation de parution conservée.
Dossier déposé
Formalité de modification transmise au guichet unique.
Acte enregistré
Présentation au service des impôts dans le mois.

FAQ : augmentation de capital par compensation de créances

Peut-on augmenter le capital sans apporter de nouvel argent ?

Oui. Une créance certaine, liquide et exigible détenue sur la société peut servir à libérer les nouveaux titres. La société ne reçoit pas de fonds, mais sa dette diminue d’autant.

La compensation de créances est-elle un apport en nature ?

Non. Le Code de commerce la rattache à l’apport en numéraire. Aucun commissaire aux apports n’est donc requis, contrairement à un apport en nature.

Faut-il un notaire ou un commissaire aux comptes ?

Dans une SA, une SAS ou une SASU, oui : la libération par compensation doit être constatée par un certificat du notaire ou du commissaire aux comptes. Dans une SARL, les textes ne l’imposent pas, mais un arrêté de compte précis reste indispensable.

Un compte courant bloqué peut-il être converti en capital ?

Oui, à condition de le rendre exigible au préalable, par exemple par une renonciation de la société au terme stipulé en sa faveur, documentée avant la souscription.

La compensation peut-elle porter sur une partie seulement de la créance ?

Oui. Seule la fraction correspondant au prix de souscription, prime d’émission comprise, est compensée. Le solde reste dû au créancier.

Faut-il publier une annonce légale ?

Oui. La modification du capital doit être publiée dans un journal d’annonces légales du département du siège, puis déclarée au guichet unique. Publiée seule, cette annonce relève d’un tarif forfaitaire.

Quand publier l’annonce ?

Une fois l’augmentation réalisée : après la décision, la souscription et, dans les sociétés par actions, la délivrance du certificat constatant la libération. L’attestation de parution doit être jointe au dossier de modification.

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