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Créations d'entreprises en septembre 2026 : ce que le niveau record des créations change pour les formalités légales

Septembre 2026 entre dans les annales : avec 119 307 créations en données corrigées, c'est le niveau mensuel le plus élevé mesuré par l'INSEE depuis janvier 2000, pour une progression de +1,1 % seulement sur août. Mais un record se juge à sa composition. Depuis janvier, sur 100 créations supplémentaires par rapport à 2025, plus de 82 sont des micro-entrepreneurs et seulement 12 des sociétés — les seules entités concernées par l'annonce légale de constitution. Septembre apporte pourtant une nuance utile : les sociétés accélèrent (+5,0 %) et atteignent 28 293 constitutions, leur plus haut niveau mensuel de l'année.

Jean-François Lemercier, fondateur de LeLegaliste.fr

Rédigé par Jean-François Lemercier

Expert vérifié 18 ans d’expérience

Fondateur de LeLegaliste.fr
Vice-président — 100 000 Entrepreneurs
Enseignant — Sciences Po

Entrepreneur engagé et spécialiste de la création d’entreprise, Jean-François Lemercier a fondé LeLegaliste.fr en 2013 avec pour mission de simplifier les formalités liées aux annonces légales. Fort de plus de 18 années d’enseignement à Sciences Po et de son engagement au sein de 100 000 Entrepreneurs, ses analyses et retours d’expérience nourrissent l’ensemble des guides publiés sur Lelegaliste.fr.


Un plus haut historique, atteint sur un simple ralentissement

119 307 créations : le niveau le plus élevé depuis janvier 2000

En septembre 2026, le nombre total de créations d'entreprises augmente de +1,1 % en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, après +7,2 % en août. Il dépasse ainsi le seuil des 119 000, un sommet depuis le début de la série de l'INSEE. Ces chiffres figurent dans l'étude de l'INSEE sur l'évolution des créations d'entreprise en France pour septembre 2026, parue le 16 octobre. Le record n'est donc pas le fruit d'un nouvel emballement : c'est le maintien à un palier très haut, atteint après la forte accélération de l'été.

Août révisé à la hausse, sauf pour les sociétés

La hausse d'août, que nous commentions à +6,5 % dans notre analyse d'août 2026 consacrée à l'anomalie de collecte de l'INSEE, est relevée à +7,2 %, soit 0,7 point de plus, en raison de la révision des données brutes et de l'actualisation des coefficients saisonniers. En comparant les deux publications, la révision n'est pas uniforme : les entreprises individuelles classiques passent de +7,9 % à +10,5 % et les micro-entrepreneurs de +7,3 % à +8,1 %, tandis que les sociétés sont le seul segment révisé à la baisse, de +3,8 % à +3,5 %.

Dans la série corrigée, septembre 2026 (119 307) dépasse septembre 2025 (99 375) de +20,1 % (calcul à partir des niveaux publiés). Sur les neuf premiers mois, le cumul brut atteint 971 803 créations, contre 859 047 un an plus tôt, soit +13,1 %.

Sociétés : +5,0 % et un sommet de l'année

28 293 constitutions, après deux mois d'accélération

Les créations de sociétés progressent de +5,0 % en septembre, après +3,5 % en août (valeur révisée), pour 28 293 constitutions sur le mois. C'est le plus haut niveau mensuel de l'ensemble de notre suivi 2026. Le mouvement est d'autant plus notable que les micro-entrepreneurs, eux, se replient (-1,6 % après +8,1 %), alors que les entreprises individuelles classiques continuent de grimper (+11,6 % après +10,5 %). Le ralentissement global de septembre est donc entièrement porté par le segment micro.

Sur trois et douze mois, des sociétés en croissance régulière mais plus mesurée

En données brutes, les sociétés créées de juillet à septembre 2026 progressent de +6,2 % par rapport à la même période de 2025, contre +18,6 % pour les micro-entrepreneurs et +23,2 % pour les entreprises individuelles classiques. Sur douze mois (octobre 2025 à septembre 2026), l'écart se resserre sans disparaître : +6,6 % pour les sociétés, +7,6 % pour les entreprises individuelles classiques et +15,0 % pour les micro-entrepreneurs.

Sur 100 créations supplémentaires, 12 sont des sociétés

D'où vient réellement la hausse depuis janvier

Le cumul des neuf premiers mois permet de mesurer qui a réellement porté la hausse. Par rapport à 2025, il s'est créé 112 756 entreprises supplémentaires (971 803 contre 859 047). Les micro-entrepreneurs en représentent 93 036 (653 316 contre 560 280), soit 82,5 % du surcroît. Les sociétés apportent 13 017 créations de plus (233 170 contre 220 153), soit 11,5 %, et les entreprises individuelles classiques 6 703 (85 317 contre 78 614), soit 5,9 %. Ces parts sont issues de nos propres calculs sur les cumuls publiés par l'INSEE.

Une progression réelle pour les sociétés, mais qui se lit en valeur absolue

En rythme annuel, les sociétés progressent de +5,9 % sur neuf mois, pour un cumul de 233 170 constitutions. C'est une croissance solide, régulière, mais sans commune mesure avec celle des micro-entrepreneurs (+16,6 %). Pour le marché des formalités de constitution, l'enseignement est simple : le volume progresse, mais il ne suit pas le rythme affiché par les statistiques globales.

Depuis 2019, la croissance a changé de moteur

Septembre 2019 contre septembre 2026 : +64,7 % au total, +33,0 % pour les formes classiques

Les séries publiées par l'INSEE permettent de prendre du recul. Entre septembre 2019, dernier mois de septembre avant la crise sanitaire, et septembre 2026, le total des créations corrigées passe de 72 438 à 119 307, soit +64,7 %. Les entreprises dites classiques, qui regroupent les sociétés et les entreprises individuelles classiques, passent de 30 402 à 40 427, soit +33,0 %. Le reste, c'est-à-dire les micro-entrepreneurs, passe d'environ 42 000 à 78 880, soit +87,6 %. Les formes classiques ont donc progressé environ 2,7 fois moins vite que le segment micro.

Méthode : nous avons déduit le segment micro en retranchant les entreprises classiques du total (données CVS-CJO publiées par l'INSEE). La note ne donne pas la série des sociétés seules sur longue période, d'où l'usage de l'agrégat des entreprises classiques pour cette comparaison.

Les secteurs qui font le trimestre

Soutien aux entreprises, commerce et information-communication en tête

Sur les trois derniers mois, le soutien aux entreprises contribue le plus à la hausse annuelle avec +12 400 créations, soit +4,4 points, porté notamment par le nettoyage courant des bâtiments (+4 400). Le commerce suit avec +10 700 créations (+3,8 points) puis l'information et la communication avec +10 000 (+3,5 points), un secteur dont les créations bondissent de +55 % sur le trimestre et de +41,5 % sur douze mois. À l'inverse, les activités financières et d'assurance pèsent le plus sur la baisse, avec -1 100 créations sur trois mois (-15,9 %).

Une hausse « inhabituelle » chez les entrepreneurs individuels classiques

L'INSEE souligne que la hausse des entreprises individuelles classiques est inhabituelle et qu'elle est portée par le commerce, en particulier la vente à domicile (+3 500 créations). Sur le seul mois de septembre, c'est l'enseignement, la santé et l'action sociale qui enregistrent la plus forte progression mensuelle (+8,6 %, pour 10 739 créations), devant le soutien aux entreprises (+4,1 %) et le commerce (+4,0 %). L'industrie (-5,1 %) et les activités financières (-6,9 %) reculent nettement.

L'INSEE ne publie pas, dans cette note, de croisement entre secteur d'activité et forme juridique. Présumer qu'un secteur dynamique génère matériellement des sociétés, donc des annonces légales, reste une approximation : seul le total des constitutions de sociétés est mesuré avec précision.

De la création à l'annonce : ce qui dépend de la forme choisie

Cinq formes de sociétés, une même obligation de publication

Les créateurs qui optent pour une société ont le choix entre plusieurs formes, chacune avec ses mentions propres : annonce légale SAS, annonce légale SASU, annonce légale SARL, annonce légale EURL ou annonce légale SCI. Le principe reste commun : l'annonce légale de création de société doit paraître dans un journal habilité du département du siège social, et le justificatif de parution est joint au dossier d'immatriculation. À l'inverse, le micro-entrepreneur et l'entrepreneur individuel classique ne sont pas soumis à cette formalité de constitution.

Le rôle du journal habilité dans le calendrier de création

Avec un niveau de constitutions aussi élevé en septembre, le délai entre la décision de créer et l'immatriculation dépend en pratique de la rapidité avec laquelle la publication d'une annonce légale est réalisée. Une annonce rédigée sans erreur — dénomination, capital, objet, siège, dirigeant — évite les corrections et les allers-retours qui retardent le dossier.

Les premiers ajustements : capital et objet social

La cohorte de sociétés immatriculées cette année prépare aussi ses premières évolutions statutaires. Une augmentation de capital pour accompagner la croissance, ou une modification de l'objet social lorsque l'activité évolue : ces opérations donnent elles aussi lieu à une annonce légale, et prolongent l'activité du marché bien après le mois de création.

À retenir pour septembre 2026

Analyse rapide
  • Septembre 2026 : 119 307 créations, un plus haut depuis janvier 2000, pour +1,1 % sur le mois après un mois d'août révisé à +7,2 %.
  • Sociétés : +5,0 %, soit 28 293 constitutions, le plus haut niveau mensuel de notre suivi 2026.
  • Micro-entrepreneurs : -1,6 % en septembre, mais +18,6 % sur trois mois et +15,0 % sur douze mois.
  • Sur neuf mois, sur 100 créations supplémentaires par rapport à 2025 : 82,5 micro-entrepreneurs, 11,5 sociétés, 5,9 entreprises individuelles classiques (nos calculs).
  • Depuis septembre 2019, les formes classiques progressent de +33,0 %, contre +87,6 % pour les micro-entrepreneurs (nos calculs sur les séries INSEE).
  • Secteurs : soutien aux entreprises (+12 400), commerce (+10 700) et information-communication (+10 000) portent le trimestre.
  • Seules les sociétés génèrent une annonce légale de constitution : le record global ne se traduit pas matériellement dans le même rythme de formalités.
  • Prochaine publication de l'INSEE : le 18 novembre 2026, pour les données d'octobre.