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Cession d’actions d’une SAS : formalités, droits d’enregistrement et étapes

La cession d'actions d'une SAS est le transfert de propriété de tout ou partie des actions d'un associé à un autre associé ou à un tiers. Elle suppose de vérifier les statuts (agrément, préemption, inaliénabilité), de signer un ordre de mouvement de titres et, le plus souvent, un acte de cession, d'inscrire le transfert au registre des mouvements de titres, puis de payer un droit d'enregistrement de 0,1 % du prix dans le mois. Une simple cession d'actions ne donne pas lieu à une annonce légale, sauf si elle s'accompagne d'une modification publiable (changement de président, de capital, etc.).

À retenir
  • Les statuts de la SAS fixent librement les conditions de cession : agrément, préemption, inaliénabilité (10 ans maximum) ou exclusion.
  • Toute cession réalisée en violation des clauses statutaires est nulle (article L.227-15 du Code de commerce).
  • Le transfert de propriété résulte de l'inscription des actions au compte de l'acquéreur, sur la base d'un ordre de mouvement de titres.
  • Droit d'enregistrement : 0,1 % du prix, sans abattement ni plafond, avec un minimum de perception de 25 €. Le taux passe à 5 % si la SAS est à prépondérance immobilière.
  • L'acte de cession doit être enregistré dans le mois ; à défaut d'acte, la cession est déclarée sur le formulaire n° 2759-SD dans le même délai.
  • Depuis le 27 juin 2026, la cession d'actions d'une SAS à prépondérance immobilière doit être constatée par acte notarié, acte d'avocat ou acte d'expert-comptable habilité, à peine de nullité.
  • La cession d'actions seule ne déclenche pas d'annonce légale : seules ses conséquences (changement de dirigeant, modification du capital, etc.) peuvent l'imposer.

Jean-François Lemercier, fondateur de LeLegaliste.fr

Rédigé par Jean-François Lemercier

Expert vérifié 18 ans d’expérience

Fondateur de LeLegaliste.fr
Vice-président — 100 000 Entrepreneurs
Enseignant — Sciences Po

Entrepreneur engagé et spécialiste de la création d’entreprise, Jean-François Lemercier a fondé LeLegaliste.fr en 2013 avec pour mission de simplifier les formalités liées aux annonces légales. Fort de plus de 18 années d’enseignement à Sciences Po et de son engagement au sein de 100 000 Entrepreneurs, ses analyses et retours d’expérience nourrissent l’ensemble des guides publiés sur Lelegaliste.fr.


Qu'est-ce qu'une cession d'actions de SAS ?

La cession d'actions correspond au transfert de propriété d'actions d'une société par actions simplifiée. L'opération peut porter sur une partie seulement des titres d'un associé ou sur la totalité de sa participation. Elle peut être consentie à titre onéreux (vente) ou à titre gratuit (donation), la présente page traitant principalement de la vente.

L'acquéreur peut être un autre associé, un salarié, un investisseur, une société ou toute personne autorisée par les statuts à entrer au capital. La SAS se caractérisant par une grande liberté statutaire, les conditions de cession ne peuvent pas être déterminées à partir d'un modèle général : les statuts de la société doivent être examinés avant toute signature.

Contrairement à la cession de parts sociales d'une SARL, la cession d'actions de SAS obéit à des règles plus souples et moins coûteuses :

Critère Actions de SAS Parts sociales de SARL
Cession à un tiers Libre, sauf clause statutaire (agrément, préemption, inaliénabilité) Agrément légal de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts
Transfert de propriété Inscription en compte sur ordre de mouvement de titres Acte écrit, rendu opposable à la société puis aux tiers
Droit d'enregistrement 0,1 % du prix, sans abattement 3 % après un abattement de 23 000 € proratisé
Modification des statuts En principe non requise Mise à jour des statuts et dépôt au greffe
Bon à savoir : une SASU est une SAS à associé unique. Toutes les règles de cette page s'appliquent donc aussi à la cession d'actions d'une SASU, avec quelques points de vigilance supplémentaires lorsque la société devient pluripersonnelle.

Pourquoi faut-il vérifier les statuts avant la cession ?

La première étape consiste à consulter la version à jour des statuts. Une cession qui semble libre peut être soumise à des restrictions prévues lors de la création de la société ou lors d'une modification ultérieure des statuts.

Le Code de commerce autorise notamment les statuts d'une SAS à soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable de la société (article L.227-14), à prévoir l'inaliénabilité des actions pour une durée maximale de dix ans (article L.227-13) ou à organiser l'exclusion d'un associé (article L.227-16).

Il faut donc identifier précisément :

  • les actions concernées par la cession et leur éventuelle catégorie (actions ordinaires ou de préférence) ;
  • l'identité du cédant et du futur acquéreur ;
  • l'existence d'une clause d'agrément et l'organe compétent pour statuer ;
  • l'existence d'une clause de préemption ;
  • une éventuelle clause d'inaliénabilité encore en cours ;
  • les éventuelles clauses d'exclusion, de changement de contrôle ou de cession forcée ;
  • les règles prévues par un pacte d'associés (préemption, sortie conjointe, sortie forcée).
Attention : dans une SAS, le principe de libre cessibilité des actions ne signifie pas que toute cession est libre. Toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle (article L.227-15 du Code de commerce).

Quelles clauses peuvent encadrer la cession d'actions ?

Avant de conclure la vente, il est utile de distinguer les principaux mécanismes susceptibles de modifier le déroulement de la cession.

1
Clause d'agrément
La cession, y compris parfois entre associés, est subordonnée à l'accord de l'organe désigné par les statuts (président, collectivité des associés, comité).
2
Clause de préemption
Les associés existants disposent d'une priorité pour racheter les actions proposées à la vente, aux conditions notifiées.
3
Clause d'inaliénabilité
Les statuts peuvent interdire la cession des actions pendant une durée qui ne peut excéder dix ans.
4
Clause d'exclusion
Les statuts peuvent prévoir les conditions dans lesquelles un associé peut être tenu de céder ses actions.

Ces mécanismes ne poursuivent pas le même objectif : la clause d'agrément contrôle l'entrée d'un nouvel actionnaire, la clause de préemption organise une priorité d'achat, la clause d'inaliénabilité fige temporairement le capital.

Leur source compte aussi. Une clause statutaire violée entraîne la nullité de la cession. Une clause prévue dans un pacte d'associés engage en principe la responsabilité contractuelle du cédant (dommages et intérêts), la remise en cause de la cession elle-même n'étant admise que dans des conditions plus strictes.

Faut-il obtenir l'accord des autres associés ?

Pas nécessairement. Contrairement à la SARL, la loi n'impose aucun agrément dans la SAS : tout dépend des statuts et des engagements pris entre associés.

Si aucune restriction ne s'applique, la cession est réalisée selon les conditions convenues entre le cédant et l'acquéreur. Si une clause d'agrément ou de préemption est prévue, la procédure statutaire (notification, délais, majorité) doit être respectée avant tout transfert. Il est donc déconseillé de signer définitivement une cession avant d'avoir purgé ces droits, ou de le faire sans condition suspensive d'agrément.

Quelles sont les formalités pour céder des actions d'une SAS ?

1

Relire les statuts et le pacte d'associés

  • Identifier les actions concernées.
  • Vérifier les clauses d'agrément, de préemption et d'inaliénabilité.
  • Vérifier si la société est à prépondérance immobilière (formalisme renforcé depuis 2026).
  • Identifier les règles particulières de prix ou de procédure.
2

Définir les conditions de la cession

  • Nombre d'actions vendues et prix de cession.
  • Modalités et date du paiement.
  • Date du transfert de propriété.
  • Conditions suspensives (agrément, financement).
  • Garantie d'actif et de passif, le cas échéant.
3

Purger l'agrément et la préemption lorsque les statuts les prévoient

  • Notifier le projet de cession selon les formes statutaires.
  • Respecter les délais et règles de majorité prévus.
  • Conserver la preuve de la décision ou de la renonciation.
4

Signer l'acte de cession et l'ordre de mouvement de titres

  • Établir l'acte de cession (obligatoirement en forme qualifiée pour une SAS à prépondérance immobilière).
  • Faire signer l'ordre de mouvement de titres par le cédant.
  • Remettre l'ordre de mouvement au président de la SAS.
5

Inscrire le transfert dans les registres de la société

  • Débiter le compte du cédant et créditer celui de l'acquéreur.
  • Mettre à jour le registre des mouvements de titres.
6

Enregistrer la cession et payer les droits dans le mois

  • Présenter l'acte de cession au service de l'enregistrement.
  • À défaut d'acte, déposer le formulaire n° 2759-SD.
  • Acquitter le droit de 0,1 % (ou 5 % pour une SAS à prépondérance immobilière).
7

Accomplir les formalités consécutives éventuelles

  • Mettre à jour la déclaration des bénéficiaires effectifs dans les 30 jours si elle est modifiée.
  • Déclarer au guichet unique et publier une annonce légale si une mention de la société change (président, capital, etc.).
Bon à savoir : la cession d'actions n'impose pas, par elle-même, de formalité auprès du guichet unique. Il faut distinguer le transfert des titres, qui relève de la tenue des registres de la société, des éventuelles conséquences de l'opération sur les dirigeants, le capital ou les bénéficiaires effectifs.

Ordre de mouvement de titres et registre des mouvements : comment se fait le transfert ?

Les actions d'une SAS non cotée sont des titres nominatifs inscrits en compte au nom de leur titulaire. Le transfert de propriété résulte de l'inscription des actions au compte de l'acquéreur (article L.211-17 du Code monétaire et financier), et non de la seule signature de l'acte de cession.

En pratique :

  • l'ordre de mouvement de titres est signé par le cédant et remis au président de la SAS ; il indique le nombre d'actions, leurs numéros éventuels, l'identité du cédant et du cessionnaire et la date ;
  • le président inscrit le transfert dans les comptes individuels d'actionnaires et dans le registre des mouvements de titres, qui peut être tenu sur papier ou sous forme électronique ;
  • la date d'inscription détermine le moment où l'acquéreur devient actionnaire à l'égard de la société et des tiers.
Attention : un acte de cession signé sans inscription au registre ne rend pas l'acquéreur actionnaire vis-à-vis de la société. À l'inverse, un registre mal tenu est une source fréquente de litiges lors d'une cession ultérieure ou d'un audit.

Faut-il rédiger un acte de cession d'actions ?

Pour une SAS « classique », l'ordre de mouvement de titres suffit juridiquement à réaliser le transfert. Un acte de cession n'est pas imposé par la loi, mais il est vivement recommandé : il fixe le prix, les modalités de paiement, les conditions suspensives et les garanties, et sert de preuve en cas de désaccord.

Un acte de cession comprend généralement :

  • l'identité complète du cédant et du cessionnaire ;
  • la désignation de la société (dénomination, siège, numéro d'immatriculation, capital) ;
  • le nombre et, le cas échéant, les numéros des actions cédées ;
  • le prix, ses modalités de paiement et, s'il y a lieu, un complément de prix ;
  • la date du transfert de propriété et de jouissance ;
  • la mention de la purge de l'agrément et de la préemption ;
  • une garantie d'actif et de passif lorsque la cession porte sur une participation significative ;
  • la répartition de la charge des droits d'enregistrement.
Attention : si la SAS est à prépondérance immobilière, l'acte n'est plus facultatif. Depuis le 27 juin 2026, la cession doit être constatée par acte authentique, acte contresigné par avocat ou, lorsqu'il y est habilité, acte rédigé par un expert-comptable, à peine de nullité.

Quels documents faut-il préparer ?

Le dossier dépend de la situation de la société et de ses statuts. Il comprend généralement :

  • les statuts à jour de la SAS et, le cas échéant, le pacte d'associés ;
  • la notification du projet de cession et la décision d'agrément ou la renonciation à la préemption ;
  • l'acte de cession, s'il est établi ;
  • l'ordre de mouvement de titres signé par le cédant ;
  • l'extrait du registre des mouvements de titres après inscription ;
  • l'acte enregistré ou le formulaire n° 2759-SD et le justificatif de paiement des droits ;
  • les décisions sociales consécutives (nomination d'un nouveau président, par exemple).

Les informations doivent être concordantes d'un document à l'autre : nombre d'actions, identité des parties, prix, date de réalisation et nouvelle répartition du capital.

Quels droits d'enregistrement pour une cession d'actions de SAS ?

Les cessions d'actions de sociétés non cotées sont soumises à un droit d'enregistrement de 0,1 % du prix de cession (article 726 du Code général des impôts). Ce droit s'applique qu'un acte ait été rédigé ou non. Il est calculé sur le prix exprimé augmenté des charges, ou sur la valeur réelle des actions si elle est supérieure.

Élément Règle applicable
Taux de droit commun 0,1 % du prix de cession, sans abattement ni plafond
SAS à prépondérance immobilière 5 % du prix de cession
Minimum de perception 25 €
Délai 1 mois à compter de la date de l'acte ou de la cession
Cession constatée par un acte Enregistrement de l'acte auprès du service de l'enregistrement
Cession sans acte Déclaration sur le formulaire n° 2759-SD
Redevable En principe l'acquéreur, sauf clause contraire de l'acte

Exemples :

  • cession d'actions pour 80 000 € : 80 000 × 0,1 % = 80 € ;
  • cession d'actions pour 10 000 € : 10 € calculés, mais 25 € dus au titre du minimum de perception ;
  • cession pour 80 000 € d'actions d'une SAS à prépondérance immobilière : 80 000 × 5 % = 4 000 €.

Certaines opérations bénéficient d'une exonération, notamment les cessions entre sociétés d'un même groupe ou le rachat par une société de ses propres actions en vue d'une réduction de capital.

Attention : ces montants concernent uniquement le droit d'enregistrement dû sur la cession. Ils ne tiennent pas compte de l'imposition de la plus-value réalisée par le cédant.

SAS à prépondérance immobilière : ce qui change depuis 2026

Une société est dite à prépondérance immobilière lorsque son actif est principalement constitué d'immeubles ou de droits immobiliers situés en France, non affectés à sa propre exploitation. Une SAS peut entrer dans cette catégorie, au même titre qu'une SCI.

Pour ces sociétés, deux règles spécifiques s'appliquent :

  • un droit d'enregistrement de 5 % au lieu de 0,1 % ;
  • un formalisme obligatoire depuis le 27 juin 2026 : issu de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, l'article 1865-1 du Code civil impose que la cession soit constatée par acte authentique, par acte contresigné par avocat ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte rédigé par un expert-comptable. À défaut, la cession est nulle et ne peut pas être enregistrée.
Attention : un simple acte sous signature privée ou un ordre de mouvement seul ne suffit plus pour céder des actions d'une SAS à prépondérance immobilière. La qualification de la société doit être vérifiée avant toute signature.

Comment est imposée la plus-value du cédant ?

Lorsque le cédant est une personne physique, la plus-value (prix de cession diminué du prix d'acquisition ou de souscription) est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique. Depuis la hausse de la CSG prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, son taux global est de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, hors contributions sur les hauts revenus.

Le cédant peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Des abattements pour durée de détention restent possibles, sur option, pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, et un abattement fixe existe pour certains dirigeants de PME partant à la retraite, sous conditions. La plus-value est déclarée l'année suivant la cession avec la déclaration de revenus.

Lorsque le cédant est une société soumise à l'impôt sur les sociétés, la plus-value suit le régime des plus-values professionnelles, avec un régime spécifique pour les titres de participation.

Faut-il publier une annonce légale pour une cession d'actions de SAS ?

Non, la cession d'actions ne donne pas lieu, à elle seule, à la publication d'une annonce légale. Dans une SAS, l'identité des actionnaires n'est pas une mention publiée dans le journal d'annonces légales.

Une annonce devient nécessaire lorsque l'opération entraîne la modification d'une mention publiée de la société, par exemple un changement de président, une augmentation ou une réduction de capital, un transfert de siège ou un changement de dénomination.

Situation Annonce légale
Simple transfert d'actions entre associés ou à un tiers Non
SASU devenant pluripersonnelle, sans autre changement Non, en principe
Nomination d'un nouveau président après la cession Oui
Augmentation ou réduction de capital liée à l'opération Oui
Transfert de siège, changement de dénomination ou d'objet Oui

Lorsque l'opération implique effectivement une publicité légale, vous pouvez publier une annonce légale dans un journal habilité du département du siège.

Bon à savoir : dans une reprise de SAS, la cession de 100 % des actions s'accompagne très souvent de la démission de l'ancien président et de la nomination d'un nouveau. C'est ce changement de dirigeant, et non la cession, qui impose une annonce légale de changement de dirigeant et la déclaration au guichet unique.

Que se passe-t-il lorsqu'une SASU devient une SAS ?

Une SASU est une SAS dont toutes les actions sont détenues par un associé unique. Lorsqu'il cède une partie de ses actions, la société devient pluripersonnelle, sans changer de forme juridique : il n'y a pas de transformation.

Il faut néanmoins vérifier :

  • que les statuts, souvent rédigés pour un associé unique, prévoient des règles de décisions collectives adaptées à plusieurs associés ;
  • s'ils doivent être modifiés, auquel cas les statuts mis à jour sont déposés au greffe via le guichet unique ;
  • la nouvelle répartition du capital et son incidence sur les bénéficiaires effectifs ;
  • l'opportunité de conclure un pacte d'associés avec le nouvel entrant.

À l'inverse, lorsqu'un associé rachète toutes les actions d'une SAS, celle-ci devient une SASU. Aucune dissolution n'est encourue, mais les statuts doivent permettre le fonctionnement avec un associé unique.

Et si toutes les actions de la SAS sont cédées ?

La vente de 100 % des actions ne correspond pas à la vente de la société elle-même. La SAS continue d'exister avec le même patrimoine, les mêmes contrats, les mêmes dettes et les mêmes engagements ; seule l'identité de ses actionnaires change.

L'acquéreur reprend donc indirectement l'historique de la société. Une telle opération justifie un audit juridique, fiscal, social et financier, une garantie d'actif et de passif, ainsi que la vérification des contrats comportant une clause de changement de contrôle (bail, financement, contrats clients).

Quel impact sur les bénéficiaires effectifs ?

Est bénéficiaire effectif toute personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exerce par tout autre moyen un pouvoir de contrôle sur la société. À défaut, le représentant légal est déclaré.

Si la cession fait franchir ce seuil de 25 % à la hausse ou à la baisse, ou modifie le contrôle de la société, une déclaration modificative doit être déposée au guichet unique dans les 30 jours (article R.561-55 du Code monétaire et financier).

Bon à savoir : le bénéficiaire effectif n'est pas forcément l'actionnaire majoritaire. Les droits de vote, les détentions indirectes via une holding et les pactes d'associés doivent être pris en compte.

Délais à respecter après une cession d'actions

Formalité Délai
Enregistrement de l'acte ou dépôt du formulaire 2759-SD 1 mois
Mise à jour des bénéficiaires effectifs 30 jours
Formalité au guichet unique en cas de changement de président 1 mois après la décision
Déclaration de la plus-value Avec la déclaration de revenus de l'année suivante

Quelles erreurs éviter lors d'une cession d'actions ?

  • Ne pas lire les statuts avant de négocier : une clause d'agrément ou de préemption non respectée rend la cession nulle.
  • Confondre actions et parts sociales : agrément, transfert et fiscalité ne sont pas les mêmes.
  • Oublier l'ordre de mouvement de titres : sans inscription au registre, l'acquéreur n'est pas actionnaire à l'égard de la société.
  • Négliger l'enregistrement : le droit de 0,1 % est dû même sans acte, dans le délai d'un mois.
  • Ignorer la prépondérance immobilière : taux de 5 % et acte en forme qualifiée obligatoire depuis 2026.
  • Publier une annonce légale par automatisme : seule une modification de mention publiée l'impose.
  • Oublier les bénéficiaires effectifs : la déclaration doit être mise à jour dans les 30 jours si le contrôle change.
  • Ne pas vérifier les contrats de la société : une clause de changement de contrôle peut permettre à un partenaire de résilier.

Exemple concret de cession d'actions

Une SAS d'exploitation (non immobilière) compte trois associés. L'un d'eux détient 30 % du capital et vend l'intégralité de sa participation à un investisseur extérieur pour 90 000 €.

  • Les statuts prévoient un agrément par décision collective des associés : le projet est notifié, puis agréé.
  • Un acte de cession est signé avec une garantie d'actif et de passif, ainsi qu'un ordre de mouvement de titres.
  • Le président inscrit le transfert au registre des mouvements de titres.
  • L'acte est enregistré dans le mois : 90 000 × 0,1 % = 90 € de droits, à la charge de l'acquéreur.
  • L'investisseur détient désormais plus de 25 % du capital : la déclaration des bénéficiaires effectifs est mise à jour dans les 30 jours.
  • Le président reste en fonctions : aucune annonce légale n'est nécessaire.

Checklist : cession d'actions de SAS

  • ☐ Statuts à jour et pacte d'associés consultés
  • ☐ Clauses d'agrément, de préemption et d'inaliénabilité vérifiées
  • ☐ Qualification de société à prépondérance immobilière vérifiée
  • ☐ Prix, nombre d'actions et conditions de paiement définis
  • ☐ Agrément obtenu et préemption purgée
  • ☐ Acte de cession signé (en forme qualifiée si prépondérance immobilière)
  • ☐ Ordre de mouvement de titres signé et remis au président
  • ☐ Registre des mouvements de titres mis à jour
  • ☐ Acte enregistré ou formulaire 2759-SD déposé dans le mois
  • ☐ Bénéficiaires effectifs mis à jour si nécessaire
  • ☐ Annonce légale et formalité au guichet unique uniquement en cas de modification publiable

À retenir sur la cession d'actions d'une SAS

La cession d'actions d'une SAS commence par l'examen des statuts et du pacte d'associés, qui peuvent imposer un agrément, une préemption ou une période d'inaliénabilité sous peine de nullité.

Le transfert est ensuite réalisé par un ordre de mouvement de titres inscrit au registre, accompagné d'un acte de cession, obligatoire en forme qualifiée pour les SAS à prépondérance immobilière. La cession est enregistrée dans le mois, avec un droit de 0,1 % du prix (5 % pour une société à prépondérance immobilière).

Enfin, la cession d'actions ne déclenche pas d'annonce légale : seuls un changement de président, une modification du capital ou une autre mention publiée l'imposent.

Questions fréquentes sur la cession d'actions d'une SAS

Une cession d'actions de SAS doit-elle être approuvée par les associés ?
Seulement si les statuts prévoient une clause d'agrément. La loi n'impose aucun agrément dans la SAS, mais une cession réalisée en violation d'une clause statutaire est nulle.

Faut-il publier une annonce légale pour une cession d'actions ?
Non, pas pour la seule cession. Une annonce est requise si l'opération modifie une mention publiée de la société, comme le président, le capital ou le siège.

Quel est le taux des droits d'enregistrement sur une cession d'actions de SAS ?
0,1 % du prix de cession, sans abattement ni plafond, avec un minimum de 25 €. Le taux est de 5 % si la SAS est à prépondérance immobilière.

Quel est le délai pour enregistrer une cession d'actions ?
Un mois à compter de l'acte. Sans acte, la cession doit être déclarée sur le formulaire n° 2759-SD dans le même délai.

Un acte de cession est-il obligatoire ?
Pour une SAS classique, l'ordre de mouvement de titres suffit juridiquement, mais un acte est recommandé. Pour une SAS à prépondérance immobilière, un acte notarié, un acte d'avocat ou un acte d'expert-comptable habilité est obligatoire depuis le 27 juin 2026.

Quand l'acquéreur devient-il propriétaire des actions ?
À la date d'inscription des actions à son compte dans les registres de la société, sur la base de l'ordre de mouvement de titres.

Que devient une SASU lorsqu'une partie des actions est cédée ?
Elle devient une SAS pluripersonnelle, sans transformation. Il faut vérifier que les statuts sont adaptés à plusieurs associés et mettre à jour les bénéficiaires effectifs si nécessaire.

Votre cession s'accompagne d'un changement de président ou de capital ?

Publiez l'annonce légale correspondant à la modification de votre SAS dans un journal habilité du département du siège.

Publier une annonce légale